© Théâtre de Nîmes

Pop, rock, variétés, jazz, …Nîmes - Gard

Le fils prodigue et le gourou de Jerez

Concert dans le cadre du Festival Flamenco.

1ère partie
Diego Carrasco chant, danse, guitare
Ané percussion
Production A Negro Producciones, Pascal Ginac.

2ème partie
Antonio Rey guitare
Yelsi Heredia contrebasse
Bernardo Parrilla violon
Isidro Suarez percussions
Mara Rey chant

Diego, vieil habitué de Nîmes, prend ici ses quartiers d’hiver et jure, on le croit, qu’il en éprouve du bonheur. Sentiment partagé. Car la fidélité de Diego Carrasco Fernandez, l’ancien guitariste renommé sous le nom de « Tate de Jerez », devenu dans les années quatre-vingt chanteur, compositeur, producteur de disques et de spectacles, c’est mieux qu’un honneur. C’est un cadeau. Diego Carrasco, flamenco d’instinct et d’expérience, est un artiste glouton, un personnage charismatique et libertaire, un poète étincelant qui se rit des tabous et des normes, capable de délires flamboyants sans jamais perdre le fil du flamenco pur et vibrant des origines. Oui, un type inclassable, une sorte de monstre tombé du ciel, ou plutôt surgi des entrailles de Jerez, la terre mère. Diego a eu deux vies et celle-là n’est pas près de finir. Tate de Jerez aurait pu faire une grande carrière (il accompagnait déjà des stars, comme Anica la Periñaca ou Tio Gregorio El Borrico), mais c’était trop prévisible. Couru d’avance. Le parcours de Diego Carrasco, lui, n’a pas d’équivalent. Il compose la musique de ballets de Joaquin Cortes, produit des disques essentiels (le guitariste Manuel Morao, les grandes familles de chanteurs de Jerez), se frotte aux nouveaux courants, devient le complice de Manolo Sanlucar, invente avec Tomasito (pour lequel il est dieu vivant) le rap flamenco sur ces rythmes de bulerias qui battent dans sa poitrine, découvre et galvanise tous les jeunes talents qui croisent sa route, mène tambour battant des spectacles ébouriffants qui malmènent les puristes. Il est provocateur, insaisissable, chanteur à la voix cassée, danseur ou guitariste, peu importe. Il est tous les flamencos à la fois, tout le flamenco à lui seul, prêt à tout dévorer en une seule nuit dans un grand éclat de rire. A la fois mage et imprécateur, doux dingue et poète inspiré, Diego Carrasco est unique...

Antonio Rey le Madrilène vient d’avoir 27 ans et pourrait écrire ses mémoires. A 10 ans, il est déjà en scène à Mexico où son père Toni, chanteur et guitariste, est venu tenter sa chance. A 15 ans, il part en tournée au Japon et y séjourne de longs mois. A 18 ans, il est remarqué et engagé par Antonio Canales puis accompagne plusieurs autres figures du baile, dont Manuela Carrasco et plus récemment Farruquito, le nouveau prince de Séville. Il compose aussi plusieurs musiques pour le Ballet National d’Espagne, côtoie avec assiduité les grands guitaristes du temps (dont David Cerreduela et Gerardo Nuñez, admirés comme maîtres), remporte tous les concours prestigieux de la péninsule (La Union et L’Hospitalet de Llobregat en 2003, Jerez en juillet 2008) et vient de sortir un premier disque, « A travès de ti », qui a fait sensation. Bouillant, bouillonnant, toujours à
l’affût d’une nouvelle aventure artistique, Antonio Rey est déjà un marin d’expérience, un surdoué précoce qui a su capter et assimiler toutes les influences de son périple éclectique. Mais le jeune madrilène, déjà vieux routard du flamenco, n’a jamais perdu le cap. Il a sa personnalité, sa sensibilité, ses sonorités bien à lui, servies notamment par une main gauche d’exception, et impose peu à peu un style qui lui est propre. Et qui, fait rarissime chez les guitaristes de sa génération, ne renvoie en rien à la griffe Paco de Lucia...

Au Théâtre de l'Odéon à 20h. Tarifs de 10 € à 14 €.

Renseignements :

Théâtre de Nîmes
BP 463
30007 Nîmes Cedex
Tel : 04 66 36 65 00
Fax : 04 66 36 65 05

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