Carré d’Art-Musée d’art contemporain de Nîmes propose, quinze ans après le Centre Georges Pompidou, une nouvelle rétrospective dédiée à l’oeuvre de Gérard Gasiorowski (1930–1986).
Composée d’une centaine d’oeuvres, dont certaines rarement montrées, cette exposition entend proposer une nouvelle lecture du travail de l’artiste, tenant en premier lieu dans le refus d’une mise en perspective linéaire. Les principales séries ou oeuvres – des Approche (1965-1970) à Fertilité (1986) – seront présentées. Néanmoins, la chronologie en sera complètement modifiée afin de multiplier les points d’entrée dans son travail.
Toute sa carrière durant, l’artiste se pose en chantre de la contradiction, pensée en termes de mise en opposition constructive et non d’impossibilité. Il s’agit là d'un aspect incontournable de sa pratique et de sa personnalité, qui le voit passer de la figuration hyperréaliste à l’abstraction ou la fiction, de la virtuosité à la croûte, tout en maniant l’irrévérence ou l’hommage, la gravité et l’ironie la plus acide, l'excès ou l'ascèse.
PRESENTATION DE L’EXPOSITION
La volonté de donner à voir une compréhension globale de l’oeuvre de Gasiorowski, et par là même les « allers-retours », rapprochements mais aussi digressions et « contradictions » volontairement pensées et soupesées par l’artiste, a conduit à envisager un accrochage ne respectant pas strictement une progression chronologique. Sont au contraire privilégiées des mises en relation de travaux qui éclairent une capacité d’invention et d’expérimentation sans cesse à l’oeuvre, tout en mettant l’accent sur l’aspect capital que constitue l’interrogation du faire.
Ainsi est-ce la série Kiga (1976-1983), développement fictif autour de la notion de fondements et de pureté de la peinture, qui clôt le parcours. Alors que dans la première salle sont confrontées des oeuvres majeures de la fin de la carrière avec des toiles du tout début : L’Atelier de Taïra (1984-1986) et Giotto-Atelier de Gasiorowski (1984), questionnements sur le positionnement du peintre et la possibilité d’exercer, font ainsi face aux deux seuls tableaux conservés de la série C’est à vous Monsieur Gasiorowski (1964), et à quelques toiles de la série hyperréaliste L’Approche (1965-1970), qui lui apporta la notoriété.
La question du tableau comme exercice participant d’une quête de la peinture est ensuite mise en avant avec les travaux du début des années 1970 ayant succédé à L’Approche (tels La Fuite vers Barbizon [1971-1972], Albertine disparue [1971-1972], Fatalité [1971-1972], Les Impuissances [1972], Les Aires [1973]), qui voisinent avec Les Fleurs (1973) ou Les Amalgames (1971-1982), considérées par Gasiorowski comme étant ses « gammes » quotidiennes.
Plus loin se confrontent les dimensions, contradictoires mais finalement complémentaires, de défiance et d’hommage à la peinture : face au Grand ensemble de la Guerre (1974-1983) et à La
Peinture blessée (1975) s’installent des hommages à Cézanne (Sainte-Victoire Ocre, 1983), Manet
(Hommage à Manet, 1983), Lascaux (Lascaux-Grand taureau dans le diverticule axial, 1984).
Pratique quotidienne, la peinture s’est également exprimée, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, par le recouvrement en très grand nombre de pochettes de disques de sa collection personnelle et de cartes postales envoyées à ses proches, travaux jamais exposés jusque là.
Ample fiction relative à la qualité de l’artiste et à la liberté du faire pictural, L’Académie Worosis-Kiga (1975-1982) se montre face à l’exercice régressif à l’extrême que constituent Les Croûtes (1970-1974).
Et alors que Les Paysans, descendants de Kiga, organisent leur activité autour d’une peinture en prise directe avec la terre (Le Village des Meuliens, Les Charbonniers, Les Pissats…, 1981), cette dernière « explose » dans Fertilité (1986), développement pictural de plus de 20 mètres de long ; l’une des toutes dernières oeuvres de Gasiorowski.
Carré d'Art - Musée d'art contemporain ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.
Entrée: 5 euros, tarif réduit: 3,70 euros
Contact pour l’exposition : Delphine Verrières - Carré d'Art
Tél : 04 66 76 35 70 - Fax : 04 66 76 35 85 - Courriel : communication@carreartmusee.com
Carré d'Art - Musée d'art contemporain
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30000 Nîmes
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