Un conseil, venez seul, avec des amis, avec des enfants, mais venez ! Voici du théâtre rare qui laisse de belles traces de spectateurs.
Tête à claques s’adresse indiscutablement à tous. Il s’y dit, il s’y dénonce tant de choses. Pour le douzième anniversaire des jumeaux, leur maman Gina avait invité les voisins à un grand repas. Les plats n'ont jamais pu être servis… Trop d’incendies volontaires ce jour là. Un des jumeaux a été accusé et arrêté le jour même. Douze ans après, il a retrouvé son frère, à la table du festin, avec d'étranges invités. Ce sont des poupées, fabriquées au long des années et entassées dans la cour de la fermette. Aujourd'hui, aidés de quelques uns, les jumeaux nous emmènent dans le récit épique de leur vie. Qui a réellement mis le feu ce jour là ? Leur histoire ne commence-t-elle pas dès avant leur naissance ?
C’est étonnant comme on ressort heureux après ce spectacle. Etonnant parce que le parcours des jumeaux Stef et Mika est loin d’être rose. Raillés, ridiculisés, mis au ban de la microsociété qu’est le village dans lequel ils vivent avec leur mère, ils semblent marcher sur les traces de leur père lui aussi souffre-douleur de la petite communauté. Cette histoire est racontée avec un humour sauvage, une inventivité et une générosité qui emportent tout sur leur passage. Du texte au jeu des comédiens, des décors à l’univers sonore : pas l’ombre d’une faiblesse dans cette production. Le jury comme la presse, au référent Festival de Huy en Belgique, ont été bouleversés, secoués, conquis par cette réussite totale d’une compagnie qui, au-delà de sa longue expérience, continue à innover, rêver et à défendre des idéaux qui sont les siens. Ce spectacle a reçu le Prix de Madame la Ministre de la Culture de Belgique et le Prix Coup de foudre de la presse parce que "le collectif parvient à proposer un théâtre où engagement social et maestria artistique se conjuguent et se subliment".
Les boucs émissaires - Avec Tête à claques les Ateliers de la Colline entendent attirer l’attention du public sur une problématique criante d’actualité : la stigmatisation des faibles, dès le plus jeune âge et leur fonction de boucs émissaires ! A travers l’histoire des jumeaux mis au ban de la société du village dans lequel ils habitent, cette pièce dévoile les causes probables des actes irréparables posés par des jeunes gens alors qu’ils sont en détresse.
Des jeunes associés à l’écriture - Dans leur démarche de création, les Ateliers de la Colline ont souhaité associer le public scolaire touché de près par ce thème. Ainsi s’est établie une véritable collaboration entre artistes et enseignants. Lors de bancs d'essais, des groupes d'élèves – de 9 à 16 ans – ont été impliqués dans l'écriture de scènes. Ils ont élaboré leurs propres écritures dramatiques, ont animé des cafés philosophiques et ont créé leurs représentations graphiques, construisant ainsi leur point de vue critique sur ce que vivent les têtes à claques d'aujourd'hui.
Les questions soulevées par Tête à claques - De tout temps, les humains, pour vaincre leurs angoisses, pour combler leurs frustrations, pour renverser leur sentiment d'impuissance, ont éprouvé le besoin de désigner en leur sein une victime expiatoire. Un être, une famille, un groupe social sur lequel les hommes se donnent l'autorisation d'exercer un pouvoir absolu. Des parties d'eux-mêmes qu'ils sacrifient, qu'ils humilient, torturent, massacrent. Même si les mécanismes sociaux et politiques de solidarité mis en place à différentes époques en réaction à la barbarie semblaient pouvoir éradiquer ce phénomène, il ne disparaît pas. Pire ! Aujourd'hui, comme au moment des grandes crises économiques, ressurgissent des idéologies fustigeant certaines minorités, dégradant certaines ethnies. Et d'une manière plus insidieuse, c'est-à-dire au travers du futile et du ludique, la normalisation de l'élimination du plus faible fait son chemin et s'installe dans les esprits… Jusque dans quelles extrémités, les règles de ce "jeu" où les bourreaux et les victimes se côtoient quotidiennement, peuvent-elles pousser leurs "acteurs" ? Son déroulement est-il inéluctable ?
TÊTE A CLAQUES
Ateliers de la Colline / Bruxelles
• ven 30 mars 2012 à 20h30
Théâtre Villeneuve lès Maguelone
Durée 1h15
Public Adultes & ados
TARIFS : 15€ - 12€ - 8€
ABONNEMENTS : 12€ - 11€ - 10€ - 7€
Théâtre de Villeneuve lès Maguelone
Scène conventionnée La grande ourse
Centre Culturel Bérenger de Frédol
235 boulevard des Moures
34751 Villeneuve les Maguelone cedex
Tel : 04 67 69 58 00
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